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Du 3 au 5 octobre 2019, Paris

La Philosophie sociale de Max Scheler

15e Congrès international de la Max-Scheler-Gesellschaft

samedi 5 octobre 2019, Patrick Lang


L’activité de philosophe et de sociologue de Max Scheler (1874-1928) coïncide avec une époque-charnière, qui voit le déclin du néokantisme et l’émergence de la phénoménologie, de l’anthropologie philosophique, de la psychanalyse, d’un néomarxisme philosophique (Lukács, Horkheimer…), de la philosophie des formes symboliques (Cassirer). Max Scheler a incontestablement joué un rôle moteur dans cette évolution du champ philosophique. À côté de son indéniable intérêt historique, l’œuvre de Scheler présente aussi un intérêt plus contemporain, et plus systématique. Depuis quelques années, les questions autour de l’anthropologie philosophique (la place de l’homme dans le vivant, le rapport à l’animalité, l’éthique du vivant) reviennent en effet au premier plan de la discussion. L’œuvre de Scheler suscite depuis une dizaine d’années un intérêt renouvelé, dont témoigne le grand congrès, co-organisé par la Max-Scheler-Gesellschaft, qui s’est tenu à Canton, en Chine, en novembre 2017.

Historiquement, Max Scheler fait partie des penseurs qui ont renouvelé l’idée de la démocratie sociale par une réflexion sur la solidarité et une critique de l’individualisme libéral. Il est, à l’échelle européenne, l’un des inspirateurs principaux d’une pensée personnaliste qui a une forte dimension franco-allemande (notamment par le biais de Paul-Louis Landsberg, qui fut proche d’Emmanuel Mounier). Cette pensée a des résonances tout à fait contemporaines : on peut estimer que le solidarisme de Scheler rejoint l’insistance sur la solidarité concrète, portée par le discours du care qui se développe aujourd’hui sur fond de crise de l’utopie socialiste et de l’État- providence. Cette politique de la sympathie prend aussi chez Max Scheler ses racines dans une éthique du vivant, puisque pour Scheler la solidarité a des racines vitales, et de ce point de vue, Scheler rejoint aussi les tentatives contemporaines (notamment chez Frédéric Worms) de refondation de l’éthique à partir de la question du rapport au vivant. La pensée de Scheler fait écho également, plus fondamentalement, aux questions qui se situent à la croisée des sciences cognitives et de la phénoménologie, autour de l’intentionnalité affective collective.

L’intérêt de ce congrès est d’essayer d’articuler deux dimensions qui sont souvent abordées de façon séparée : celle des fondements phénoménologiques de la philosophie sociale, et celle de ses prolongements culturels. Les trois axes du colloque sont donc :
1. Les fondements phénoménologiques de la philosophie sociale (la question de l’ontologie sociale, le « problem of other minds », la théorie de l’intersubjectivité).
2. Les prolongements culturels et politiques de la philosophie sociale de Max Scheler (critique du capitalisme, aliénation, la question du ressentiment, le personnalisme dans sa dimension franco-allemande).
3. La relation entre ces deux niveaux, et la comparaison avec d’autres paradigmes (théorie critique).

P.-S.

Avec le soutien de l’Université franco-allemande, en coopération avec Sorbonne Université, les Archives Husserl, la Bergische Universität Wuppertal, le Groupe de Recherche sur la culture de Weimar et l’UMR 8138 SIRICE (Sorbonne - Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe).

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À propos :

Directeur du département de philosophie.
Maître de conférences en philosophie et musique.
Spécialités : le concept de valeur dans l’éthique, l’économie, la sociologie ; phénoménologie allemande et française ; phénoménologie de la musique.


Courrier électronique : Patrick Lang


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