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Sous la direction de Céline Chérici, Jean-Claude Dupont et Charles T. Wolfe

Physique de l’esprit. Empirisme, médecine et cerveau (XVIIème-XIXème siècles)

Hermann éditeurs, 2018

mardi 9 janvier 2018, Angélique Thébert


Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’exploration des fonctions cérébrales est prônée à la fois dans le cadre de la philosophie empiriste, plus spécialement lockéenne, et dans celui du programme cartésien. C’est ainsi que le cerveau acquiert son statut d’objet légitime pour une science nouvelle, qui serait une physique de l’esprit.
Alors que la mise en œuvre effective de cette exploration était redoutable, les questions touchant la matière cérébrale étaient déjà débattues : la matérialité et la localisation des facultés, le rôle de l’âme, l’identité humaine, le parallélisme, la perception, la mémoire, la plasticité et la pathologie mentale. Le cerveau occupait désormais une place centrale dans la connaissance de l’homme et contribuait à la construction d’une anthropologie philosophique.
Cet ouvrage donne un aperçu de la fécondité et de l’actualité de ces réflexions issues de grands médecins et philosophes de cette époque, tels Hooke, Locke, Diderot, Willis, Reid, Bonnet, Malacarne, Kant, E. Darwin, Cabanis et Gall.

P.-S.

Article de Angélique Thébert : « La critique reidienne de l’explication physiologique de la perception », p. 83-99.
L’adoption de la démarche expérimentale en philosophie de l’esprit ne tient pas toutes ses promesses... Derrière l’unité méthodologique de principe, l’éclatement des conclusions a de quoi surprendre. Ainsi, pour le philosophe écossais Thomas Reid (1710-1796), la méthode newtonienne tourne clairement dans le sens du vent dualiste. Comme lui, le médecin et philosophe anglais David Hartley (1705-1757) se place sous l’égide de Newton. Mais ses observations le conduisent à faire de notre activité mentale l’effet des vibrations de la substance médullaire du cerveau et des nerfs. Reid en conclut que d’aucuns doivent se tromper dans la compréhension et l’application de la méthode expérimentale. Il convient donc d’en rappeler les principes fondamentaux. C’est ce à quoi il s’emploie dans sa réponse aux matérialistes, en particulier dans sa critique de l’explication physiologique de la perception.
Evaluons les raisons pour lesquelles Reid juge incompatibles la thèse matérialiste et la démarche newtonienne. Il s’agira ici de mettre à l’épreuve son diagnostic selon lequel les errements métaphysiques des matérialistes ont leur origine dans une négligence méthodologique. La « conséquence matérialiste » découle-t-elle nécessairement de la théorie des vibrations de Hartley ? La critique reidienne du matérialisme est-elle, comme il le recommande, empiriquement fondée ?




À propos de l'auteur :

Maître de conférence.
Philosophie britannique moderne, philosophie de la connaissance


Courrier électronique : Angélique Thébert


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