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L’Aristarque, un monde possible.

Chapitre de l’ouvrage « Les Mondes possibles », PUC, printemps 2006

avril 2006, Vincent Jullien


Il convient de se demander quelle est, au tournant des XVI et XVIIe siècle, l’idée dominante que l’on se fait –dans les milieux philosophiques et savants- de ce qu’est un Monde. La réponse n’est pas tellement difficile. Un Monde est, pour la majorité des esprits- une enveloppe sphérique dotée d’un centre d’une importance physique particulière. A ces deux choses s’ajoutent un grand nombre d’étoiles fixes les unes par rapport aux autres, situées à la concavité de la sphère et quelques astres, au nombre de sept.

La discussion de la question du centre du monde constitue l’un des facteurs qui va fragiliser cette conception du Monde, mais il y en a d’autres, en particulier celle qui concerne la nature ou même l’existence de la sphère supérieure. Les incertitudes qui portent sur le centre du monde sont importantes mais ne suffisent pas –à elles seules- à briser ce concept de Monde : depuis le pythagoricien Philolaos, Aristarque, Martianus Capella et, évidemment Copernic, l’expulsion de la terre du centre cosmique a été envisagée et soutenue, sans entraîner la destruction du cosmos . Aussi considérables sont les interrogations et la variété des thèses au sujet de l’enveloppe des fixes. Copernic, par exemple, est amené à soutenir que, si l’étude de la concavité de cette enveloppe relève bel et bien de l’astronomie et plus généralement de la connaissance du monde, sa convexité n’est, au fond, pas connaissable . La, ou les sphères frontalières du Monde portent avec elles des problèmes aussi complexes que le premier moteur, le lieu du cosmos qui, peut-être, est celui de Dieu, ou encore l’infinité et l’existence de l’espace extra-mondain.

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À propos de l'auteur :

Professeur d’histoire et philosophie des sciences.
Philosophie et sciences à l’âge classique.
Épistémologie des sciences de la nature.
Mathématiques à l’âge classique.


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